'Ilo DE L' E S P R 1 T.
tûmes à chercher, à trouver !e bonheur en eux, &
(bailleurs trop éclairés pour goûter encore le plaint
au’en eux, ia source de rhumanité tarirait auíïì-tôt quecelle des besoins réciproques.
Ces sages, cependant, doivent être très-chers à la so-ciété. Si l’extrême sagesse les rend quelquefois indifféronsà 1°amitié des particuliers, elle leur fait aussi, comme leprouve l’exemple de l’abbé de Saint-Pierre & de Fontc-nelle , répandre fur rhumanité les sentimens de tendresseque les passions vives nous forcent à rassembler fur unseul individu. Lien différent de ces hommes , qui ne sontbons que parce qu 1 ils sont dupes, 8r dont la bonté diminueà proportion que leur esprit s’éckire, le seul sage peutêtre constamment bon , parce que lui seul connoît leshommes. Leur méchanceté ne hittite point : il ne voit eueux, comme Démocrite , que des fous ou des eníanscontre lesquels il seroit ridicule de se fâcher , & qui sontplus dignes de pitié que de colère. II les considère enfinde l’ceil, dont un mécanicien regarde le jeu d’une ma-chine : fans insulter à l’humanité, il se plaint de la naturequi attache la conservation d’un être à la destruction d’iinautre; qui, pour se nourrir, ordonné à Lautour de fondresur la colombe, à la colombe de dévorer 1 insecte j & quide chaque être a fait un assassin.
Si les lois soûles font des juges fans humeur, le fige , àcet égard, est comparable aux lois. Son indifférence esttoujours juste, & toujours impartiale ; elle doit être con-sidérée comme une des plus grandes vertus de l’hoir.me enplace , qu'un trop grand besoin d’amis nécessite toujoursà quelque injustice.
Le sage seul, enfin, peut être généreux, parce qu’il estindépendant. Ceux qu'unissent les liens d’une utilité réci-proque, ne peuvent être libéraux les uns envers les autres.L’amitié ne fait que des échanges ; ^indépendance feulefait des dons»
d’être
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