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Tome second.
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IJ2, DE L* E S P R I T.

côté de la maîtresse ; pratique qu’il regarda toujourscomme très - propre à assurer les succès militaires.Quelle puissance, en effet, n'ont pas fur nous les plai-sirs des sens ! Ils firent du bataillon sacré des Thébainsun bataillon invincible ; ils inspiraient ie plus grandcourage aux peuples anciens, lorsque les vainqueurspartageoient entre eux les richesses & les femmes desvaincus ; ils formèrent enfin le caractère de ces ver-tueux Samnites, chez qui la plus grande beauté étoitle prix de la plus grande vertu.

Pour s'assurer de cette vérité par un exemple plusdéraillé , qu’on examine par quels moyens le fameuxLycurgue porta dans le cœur de ses concitoyens l'en-thousiasme , &,pour ainsi dire , la fièvre de la vertu ;& l’on verra que , si nul peuple ne surpassa les Lacé-démoniens en courage ,c’est que nul peuple n’honoradavantage la vertu, & ne fut mieux récompenser lavaleur. Qu’on se rappelle ces fêtes solennelles , où ,conformément aux lois de Lycurgue , les belles Scjeunes Laeedémoniennes s’avar.çoient demi-nues, endansant, dans l’assemblée du peuple. C’étcit là qu'enprésence de la nation , elles infultoient, par des traitsíatyriques, ceux qui avoienr marqué quelque foiblesteà la guerre ; Sc qu’elles célébraient, par leurs chan-tons , les jeunes guerriers qui s’étoient signalés parquelques exploits éclatans. Or, qui doute que le lâche,c-n butte, devant tout un peuple, aux railleries amèresde ces jeunes filles, en proie aux rourmens de la hontect de la confusion , ne dût être dévoré du plus cruelrepentir ì Quel triomphe, au contraire, pour ie jeune