Band 
Tome second.
Seite
133
JPEG-Download
 

D R L' E S P RI T. IJJ

héros qui recevoir la palme de la gloire des mains dela beauté, qui lil'oit l’estime furie front des vieillards ,l’amour dans les yeux de ces jeunes filles, & l'assu-rance de ces faveurs dont l’elpoir seul est un plaisir îPeut-on douter qu’alors ce jeune guerrier ne fût ivrede vertu ? Auíîì les Spartiates, toujours impatiens decombattre, fe précipitoient avec fureur dans les ba-taillons ennemis , & de toute part environnés de lamort, ils n’envifageoient autre chose que la gloire.Tout concouroit, dans cette législation, à métamor-phoser les hommes en héros. Mais, pour rétablir ,il falloir que Lycurgue, convaincu que le plaisir est lemoteur unique &c universel des hommes , eût sentique les femmes, qui, par - tout ailleurs, sembloient,comme les fleurs d’un beau jardin, n’être faites quepour l’ornement de la terre & le plaisir des yeux, pou-voient être employées à un plus noble usage; que cesexe, avili & dégradé chez presque tous les peuples-du monde , pouvoir entrer en communauté de gloireavec les hommes, partager avec eux les lauriers qu’illeur faisoit cueillir , & devenir enfin un des plus puis-ínns ressorts de la législation.

En effet, si le plaisir de l’amour est pour les hom-mes le plus vif des plaisirs, quel germe fécond decourage renfermé dans ce plaisir , & quelle ardeurpour la vertu ne peut point inspirer le désir desfemmes (i) ?

(i) Dans quel affreux danger David lui-même ne seprécipita -1 - i) pas , lorsque, pour obtenir Michol, U

I 3