Band 
Tome second.
Seite
134
JPEG-Download
 

134 D E L’ E S P n I T.

Qui s’examinera fur ce point, sentira que, si ras-semblée des Spartiates eût été plus nombreuse, qu’ony eût couvert le lâche de plus d’ignominie, qu’il eûtété possible d’y rendre encore plus de respect & d’hom-mages à la valeur, Sparte auroit porté plus loin en-core l’enthousiasme de la vertu.

Supposons, pour le prouver, que pénétrant, si jel'ose dire, plus avant dans les vues de la nature , oneût imaginé qssen ornant les belles femmes de tantd’attraits , en attachant le plus grand plaisir à leurjoui liante , la nature eût voulu en faire la récompentede la plus haute vertu: supposons encore qu’à l’exemplede ces vierges consacrées à lits ou à Vesta , les plusbelles Lacédémoniennes eussent été consacrées au mé-rite ; que , présentées nues dans les assemblées, elleseullent été enlevées par les guerriers comme le prixde leur courage ; & que ces jeunes héros eussent, aumême instant , éprouvé la double ivresse de l’amour& de la gloire : quelque bizarre & quelque éloignéede nos mœurs que soit cette légiílation , il est certainqu’elle eût encore rendu les Spartiates plus vertueux& plus vaillans, puisque la force de la vertu est tou-jours proportionnée au degré de plaisir qu’on lui allïgnepour récompense.

Je remarquerai, à ce sujet, que cette coutume , sibizarre en apparence , est en usage au royaume deBisnagar, dont Narsingue est la capitale. Pour élever

s’obligea de couper & d’apporter à Saisi les prépuces dedeux cents Philistins f