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Tome second.
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charme & l'ivresse d;s sens ; Les femmes ne peuvent-elies pas, à leur gré, créer des âmes & des corps dansles imbécilles & les íoíbles r La Phénicie n’a-t-elleP"s , sous le nom de Vénus ou d’Astané, élevé desautels à la beauté ?

Ces autels ne pouvoient être abattus que par notrerc-ligicn. Quel objet ( pour qui n’est pas éclairé desrayons de la foi ) est , en effet, plus digne de notreadoration , que celui auquel le ciel a confié le dépôtprécieux du plus vif de nos plaisirs ì plaisirs dont lajouissance seule peut nous faire supporter , avec dé-lices , le pénible fardeau de la vie , & nous consolerdu malheur d’être.

La conclusion générale de ce que j'ai dit fur l’ori-gine des paillons, c’est que la douleur & le plaisir dessens sent agir & penser les hommes, & font les seulscontrepoids qui meuvent le monde moral.

Les passions font donc en nous l’effet immédiat dela sensibilité physique : or, tous les hommes font sen-sibles & susceptibles de passions; tous , par consé-quent , portent en eux le germe productif de l’efprit.Mais , dira-t-on , s’ils font sensibles, ils ne le fontpeut-être pas tous au même degré : l’on voit, parexemple , des nations entières indifférentes à la passionde la gloire & de la vertu : or, si les hommes nefont pas susceptibles de passions aussi fortes, tous nefont pas capables de cette même continuité d’atten-tion qu’on doit regarder comme la cause de la grandeinégalité de leurs lumières : d où il résulte que la na-ture n’a pas donné à tous les hommes d’égales dispo-sitions à l’esprit.