IZ8 DE L' E S P R I T.
Pour répondre à cette objection, il n’efl pas néces-saire d’examiner si tous les hommes font égalementsensibles : cette question, peut-être plus difficile à ré-soudre qu’on ne Timagine, est d’ailleurs étrangère àmon sujet. Ce que je me propose , c'est d’examinersi tous les hommes ne font pas du moins susceptiblesde palliions assez fortes pour les douar de l’attentioncontinue à laquelle est attachée la supériorité d’efprit.
C’est à cet c-ffet que je réfuterai d’abord l’argumenttiré de la sensibilité de certaines nations aux pallionsde la gloire & de la vertu ; argument par lequel oncroit prouver que tous les hommes ne (ont pas sus-ceptibles de pallions. Je dis donc que 1 Insensibilité deces nations ne doit point être attribuée à la nature;mais à des causes accidentelles , telles que la formedifférente des gouvernemens.