*44 D E L’ E S P R I T.
observer que, parmi les pallions donc chaque hommeest animé, il en est néeeílàirenient une qui préside prin-cipalement à sa conduite, & qui, dans ion ame, l'em-porte fur toutes les autres.
Or, selon que cette dernière y commande plus oamoins impérieusement, 8c qu’elle est , par sa natureou par les circonstances, utile ou nuisible à Tétât ,Thomme > plus souvent déterminé au bien ou au mal,reçoit le nom de vertueux ou de vicieux. J’ajoureraiseulement que la force de ses vices ou de ses vertusfera toujours proportionnée à la vivacité de ses pas-sions , dont la force se mesure sur le degré de plaisirjqu’il trouve à les satisfaire. Voilà pourquoi, dans lapremière jeunesse, âge où Ton est plus sensible auplaisir 8c capable de pallions plus fortes , Ton est , engénéral , capable de plus grandes actions.
La plus haute vertu , comme le vice le plus hon-teux, est en nous lester du plaisir plus ou moins \jfque nous trouvons à nous y livrer.
Auíli n’a-t-on de mesure précise de la vertu qu’aprèsavoir découvert,par un examen scrupuleux, le nombreíc les degrés de peines qu’une passion telle que l’amourde la justice ou la gloire peuvent nous faire supporter.Celui pour qui Testime est tout & la vie n est rien ,subira , comme Socrate , plutôt la mort, que de de-mander lâchement la vie. Celui qui devient Tante d unétat républicain , que Torgueil Sc la gloire rendentpassionne pour le bien public , préfère, comme C a ton,Ja mort à Thumiliation devoir lui 8c sa patrie asservisà une autorité arbitraire. Mais de telles aériens sont
l'effet