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Tome second.
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DE l' E S P R 1 T. 145

ÌYrvet da plus grand amour pour la gloire. C’està cedernier terme qu'atteignent les plus sortes pallions,& à ce même renne que la nature a pôle les bornesde la vertu humaine.

En vain voudroit-on se le dissimuler à soi - même ;on devient nécessairement 1 ennemi des hommes, lors-qu on ne peut être heureux que par leur infortune (1).C'est l'heureufe conformité qui te trouve entre notreintérêt & l’intérêt public , conformité ordinairementproduite par lc délit de i’estime, qui nous donne pourks hommes ces íentimens tendres dont leur affectionest la récompense. Celui qui, pour être vertueux ,ar.roit toujours les penchans à vaincre , serokneces-sairement un malhonnête homme. Les vertus méri-toires ne font jamais des vertus sûres (z). II est impos-sible dans la pratique, de livrer, pour ainíî dire, tousles jours des batailles à ses passions, lans en perdre ungrand nombre.

fou jours forcé de cédera l’intérêt le plus puissant »quelque amour qu’on ait pour l’estime, on n’y sacrifiejamais des plaisirs plus grands que ceux qu’elle pro-cure. Si , dans certaines occasions, de saints person-nages le font quelquefois exposés au mépris d u public,c'est qu'ils ne vouloient pas sacrifier leur íalut à leur

( 1 ) Sccundìun id quoi atnp/ius nos dckclat operemur necejseesi , dit saint Augustin.

(z) Dans le harem, ce n’est point aux vertus méritoires,mais à l'impuissance , que le grand-seigneur donne sesfemmes à garder.

Tome II,

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