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Tome second.
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tellement conforme à l’intérêt général, qu’il est pres-que toujours nécessité à la vertu. C’est pourquoi l’onapproche, d’autant plus de la perfection, & l’on mé-rite d’autant plus le nom de vertueux, qu’il faut, pournous déterminer à une action malhonnête ou crimi-nelle , un plus grand motif de plaisir, un intérêt pluspuissint, plus capable d’enflammer nos désirs, & quiiuppofe , par conséquent , en nous plus de passionpour l'honnêteté.

César n’étoit pas, fans doute, un des Romains lesplus vertueux : cependant, s’il ne put renoncer autitre de bon citoyen qu’en prenant celui de maître dumonde , peut-être n’est-on pas en droit de le banniede la classe des hommes honnêtes.En effet,parmi leshommes vertueux , & réellement dignes de ce titre,combien est il d’hommes qui, placés dans les mêmescirconstances , rehiíailent le lceptre du monde , sur-tout s ils se sentoient , comme Céíar, doués de cestalens supérieurs qui assurent le íuccès des grandes en-treprises ? Moins de talent les rendroit peut-être meil-leurs citoyens ; une médiocre vertu, soutenue de plusd’inquietudes fur le íuccès, íuffiroit pour les dégoûtercì’un projet íì hardi. C’est quelquefois un défaut detalent qui nous préserve d’un vice ; c’est íouvent à cemême défaut qu’on doit le complément de Ces vertus.

On est , au contraire , d’autant moins honnête ,qu’il faut, pour nous porter au crime , des motifs deplaisirs moins puiíîans. Tel est, par exemple, celuide quelques empereurs de Maroc , qui, uniquementpour faire parade de leur adresse , enlèvent d’un seul

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