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sancc, cependant, on etre çà Sc ià ians guide ; les idéescìu juste & de l'injuste, reçues dans la première jeu-nesse , s’obícurciffènt inlenliblement, & diíparoissentensin entièrement.
Mais, dira-r-on, qui peut dérober cette connois-sance aux visirs ? Et comment, répondrai-je, l’acquer-roiem-ils dans ces pays despotiques , où les citoyensn’cnt nulle part au maniement des affaires publiques ;où l’on voit avec chagrin quiconque tourne ses re-gards íur les malheurs de la patrie ; où l’intérét malentendu du sultan se trouve en opposition avec l’in-tétêt de ses íujets ; où servir ie prince, c’est trahir sanation ? Pour être juste Sc vertueux , il saut savoirquels font les devoirs du prince & des sujets ; étudierles engagemens réciproques qui lient ensemble tousles membres de la société. La justice n’est autre choseque la connoiíîance profonde de cesengagemens. Pours élever à cette connoiffance, il faut penser : or, quelhomme oie penser, chez un peuple soumis au pou-voir arbitraire? La paresse, l’mutiiité, l’inhabitude ,Sc même le danger de penser , en entraînent bientôt{'impuissance. L'on pense peu dans les pays où l’ontait tes pensées. En vain diroit-on q»'on s’y tait parprudence , pour faire accroire qu’on n en pente pas.moins : il est certain qu’on n’en pense pas plus, & quejamais les idées nobles Sc courageuses ne s'engendrentdans les têtes soumises au despotisme.
Dans ces gouvernemens , I on n’est jamais animéque de cet esprit d’égoïíme & de vertige, qui annoncela destruction des empires. Chacun, tenant les yeuxTome II. L