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Tome second.
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fixés fur son intérêt particulier, ne les détourne jamaisfur 1 intérêt général. Les peuples n’ont donc, en cespays, aucune idée ni du bien public, ni des devoirs descitoyens. Les visirs, tirés du corps de cette même na-tion, n’ont donc, en entrant en place , aucun prin-cipe d’administration ni de justicei c’est donc pour faireleur cour , pour partager la puiíìance du souverain ,& non pour faire le bien, qu’ils recherchent les grandesplaces.

Mais, en les supposant même animés du deíîr dubien, pour le faire , il faut s'éclairer : & les visirs, né-cessairement emportés par les intrigues du ferrai!,n'ontpas le loisir de méditer.

D’ailleurs , pour s'éclairer , il saur s’expofer à lafatigue de l’étude ct de la méditation : & quel motifles y pourroit engager î ils n’y íont pas même excitéspar la crainte de la censure ( i).

Si l’on peut comparer les petites choses aux grandes,qu’on se représente l’état de la république des lettres.Si l’on en bannitloit les critiques , ne íent - on pasqu’affranchi de la crainte salutaire de la censure , quiforce maintenant un auteur à soigner, à perfectionnerses ralens , ce même auteur ne préfenteroit plus aupublic que des ouvrages négligés ct imparfaits; Voilàprécisément le cas oùfe trouvent les visirs ;c’est la raisonpour laquelle ils ne donnent aucune attention àladmi-

(t) Cest pourquoi la nation angloise, entre ses privi-lèges , compte la liberté de la presse pour un des plus pré-cieux.

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