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Tome second.
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DE L' E S P R I T. I6Z

lìistration des affales, & ne doivent, en général, ja-mais consulter les gens éclairés (i).

Ce que je dis des visirs , je le dis des sultans. Lesprinces n’échappent point à l’ignorance générale deleur nation. Leurs yeux même, à cet égard , ion t cou-verts de ténèbres plus épaisses que ceux de leurs sujets.Presque tous ceux qui les élèvent , ou qui les envi-ronnent , avides de gouverner fous leur nom (2), ontintérêt de les abrutir. Audi les princes destinés à régner,enfermés dans le serrail juíqu'à la mort de leur père,pastènt-ils du harem fur le trône, fans avoir aucuneidée nette de la science du gouvernement, Sc sansavoir une feule fois assisté au divan.

(1) Si, dans le parlement d’Angleterre, on a cité l’auto-ïrité du président de Montesquieu, c'est que l’Angleterreest un pays libre. En fait de lois & d’administration, fi leczar Pierre prenoìt conseil du fameux Leibnitz, c'est qu'urigrand-homme consulte sans honte un autre grand-homme ,& que les Russes, par le commerce qu'ils ont avec lesautres nations de PEurope, peuvent être plus éclairés queles Orientaux.

(2) Dans une forme de gouvernement bien différentede la constitution orientale, chez nous même , Louis XIII,dans une de ses lettres, se plaint du maréchal d'Ancre :-- II m'empêche, dit-il, de me promener dans Paris ; il ne» m’accorde que le plaisir de lâchasse, que la promenade« des Tuileries; il est défendu aux officiers de ma maison4» ainsi qu'à tons mes sujets, de m'entretenir d'affaires sé--> rieuses , & de me parler en particulier ». II semble qu’enchaque pavs on cherche à rendre les princes peu dignesdu trône où la naissance les appelle.

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