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8c, par conséquent, de supporter la censure: ils doiventdonc être , en général, peu éclairés ( i ). Milord Bo-lingbrooke diíoit à ce sujet que, -- jeune encore, il» s’éroir d’abord représenté ceux qui gouvernaient les*> nations comme des intelligences tuperieures. Mais,» ajoutoit il, l’expérience me détrompa bientôt : j’exa-« minai ceux qui tenoient en Angleterre le timon des« affaires ; 8c je reconnus que les grands croient affez» semblables à ces dieux de Phénicie, fur les épaules« delquels on a t tac hoir une tête de bœuf en signe de" puisiance íuprême, 8c qu’en général les hommes» croient régis par les plus fors d’enrre eux ». Cettevérité, que Bolingbrooke appliquoit peut-être parhumeur à l’Angleterre, eft, fans doute, incontestabledans preíque tous les empires de l’orient.
fr) Comme tous les citoyens sont fort ignorans dubienpublic, presque tous les faiseurs de projets font, dans cespays, ou des frippons qui n’ont que leur utilité particu-lière en vue , ou des esprits médiocres , qui ne peuventsaisir, d’un coup-d’œil, la longue chaîne qui lie ensembletoutes les parties d’un état. Ils proposent en conséquencedes projets toujours discordans avec le reste de la législa-tion d’un peuple. Aussi osent-ils rarement, dans un ou-vrage , les exposer aux regards du public.
L/homme éclairé sent que, dans ces gouvernemens,tout changement est un nouveau malheur ; parce qu’onn’y peut suivre aucun plan ; parce que l’administrationdespotique corrompt tout. II n’est, dans ces gouverne-mens , qu’une chose utile à faire ; c’est d’en changer in-sensiblement la forme. Faute de cette vue, le fameux czarPierre n’a peut-être rien fait pour le bonheur de sa nation,ìl devoir cependant prévoir qu’un grand-homme succède
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