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Tome second.
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DE L' E S P R I T. 169

Si Néron scrçoit au théâtre les applaudiíTemensdes spectateurs > plus barbares encore que Néron , lesviíîrs exigent les éloges de ceux - là même qu’ils íur-chargent d'impôts, & qu’ils maltraitent. Ils íont sem-blables à Tibère: fous Ion règne,cn trairoit de factieuxjuíqu’aux cris, jusqu’aux soupirs des infortunés qu’otiopprimoit, parce que tout est criminel, dit Suétone,fous un prince qui íe sent toujours coupable.

11 n’est point de viíir qui ne voulût réduite leshommes à la condition de ces anciens Perses, qui,cruellement fouettés par Tordre du prince , é t oienten lui te obligés de comparaître devant lui : Nous ve-nons lui disoient-ils , vous remercier d’avoir daignevous souvenir de nous.

La noble hardieste d un citoyen allez vertueux pourreprocher aux viíîrs leur ignorance & leur injustice ,l'eroit donc bientôt suivie de Ion supplice ( 1 ) ; & per-sonne nes’y veut expoier. Mais, dira-r-on , le héros,le brave î Oui, répondrai-je , lorfqu’il est loutenu

( 1 ) Qu’un visir commette une faute dans son adminis-tration; si cette faute nuit au public , les peuples crient,8c Torgueil du visir s’en offense : loin de revenir sur sespas, 8c d'eífayer, par une meilleure conduite , de calmerde trop justes plaintes , il 11 e s'occupe que des moyensd’imposer silence aux citoyens. Ces moyens de force lesirritent ; les cris redoublent : alors il ne reste au visir quedeux partis à prendre , ou d’exposer l’état à des révolu-tions , ou de porter le despotisme à ce terme extrême,qui toujours annonce la ruine des empires ; 8c c’cst à cedernier parti auquel s'arrêtent communément les visirs.