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Tome second.
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DE L* E S P R I T. IJt

Rome, s’écrier avec Brutus : Q vertu ! tu n es qu’ unvain nom. Comment en trouver chez des peuples quivivent dans des traníes perpétuelles, & dont l’ame ,afíuilsée par la crainte, a perdu tout Ion reflott? Oune rencontre, chez ces peuples, que des pu i flans in-iolens , &c des esclaves vils & lâches. Quel tableauplus humiliant pour l’humanité que l’audience d’unvisir , loiíque , dans une importance & une gravitéstupide, il s avance au milieu d’une foule de clients ;& que ces derniers, sérieux , muets, immobiles , lesyeux fixes & baillés, attendent, en tremblant (1), lafaveur d’un regard , à peu près dans l’attitude de cesBramines, qui, les yeux fixés fur le bout de leur nez,attendent la flamme bleue & divine dont le ciel doitl’enluminer, & dont l’apparition doit, selon eux, lesélever à la dignité de Pagode !

Quand on voit le mérite ainsi humilié devant unvisir fans talent, ou même un vil eunuque, on íe rap-pelle, malgré foi, la vénération ridicule qu’au Japonl’on a pour les grues , dont on ne prononce jamais lenom que précédé du mot O-thurlfama c’est-à-dire ,Monseigneur.

(r) Le visir, lui-même, n'entre qu’en tremblant audivan, quand le sultan y est.