loO DE L‘ E S P R 1 T.
ministre nommé Sobihus ,eut massacré fa garde, 6crompu íes fers, le prince le présente dans Us rues d’Ale-xandrie ; niais vainement il y exhorte les citoyens à levenger , à punir 1 injustice, à íecouer le joug de latyrannie: par-tout , dit Plutarque , il ne trouve qued'immobiles admirateurs. 11 ne restoit à ce peuple vil6c lâche que l’eípèce de courage qui fait admirer lesgrandes actions, non celui qui les fait exécuter.
Comment un peuple eíclave reíìsteroit il à une na-tion libre 6c puillante î Pour nier impunément dupouvoir arbitraire , le deípoteest rorcé d'enerver l'es-prit 6c le courage de íes íujets. Ce qui le rend puis-sant au dedans , le rend foible au dehors : avec laliberté, il bannit de l'on empire toutes Ies vertus ; ellesne peuvent , dit Aristote , habiter chez des âmes ser-viles. II faut , ajoute l’illustre président de Montes-quieu , que nous avons déjà cité , commencer parêtre mauvais citoyen pour devenir bon esclave. 11 nepeut donc opposer aux attaques d’un peuple , tel queles Homains, qu'un conseil Sc des généraux absolu-ment neufs dans la ícic-ncc- politique & militaire , 6cpris dans cette même nation dont il a amolli le cou-rage 6c rétréci l'esprit ; il doit donc être vaincu.
Mais, dira-r - on , les vertus out cependant, dansles états despotiques, quelquefois brillé du plus grandéclat ? Oui, lorsque le trône a successivement été oc-cupe par plusieurs gvands-hommes. La vertu, engour-die par la présence de la tyrannie, íe ranime à l’aípectd’un prince vertueux: la prèlence est comparable àcelle du soleil i lorlque ía lumière perce 6c diiììpe les