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Tome second.
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DE L’ E S P R 1 T. lSl

nuages ténébreux qui couvroienrla terre , alors toutse ranime , tout se vivifie dans la nature , les plainesse peuplent de laboureurs, les bocages retentissent deconcerts aériens , & le peuple ailé du ciel vole jus-ques iur la cime des chênes pour y chanter le retourdu íoleil. O temps heureux! s’écrie Tacite lotis le règnede Trajan , ou l'on n obéit qu aux lois ^ où l’on peutpenser librement & dire librement ce qu on pense oùl’on voit tous les cœurs voler au devant du prince joù fa vue feule est un bienfait !

Toutefois l’eclat que jetent de pareilles nations, esttoujours de peu de durée. Si quelquefois elles attei-gnent au plus haut degré de puissance Sc de gloire , Scs’illustrent par des succès en tout genre , ces succèsattachés , comme je viens de le dire, à la sagesse desrois qui les gouvernoient, &.non à la forme de-leurgouvernement , ont toujours été auílì passagers quebriilans : la force de pareils états, quelque imposantequ’elle soit , n’est qu’une force illusoire: c’est le co-losse de Nabuchodonoícr ; ses pieds font d’argilie. 11en est de ces empires comme du sapin superbe ; sacime touche aux cieux , les animaux des plaines Scdes a:rs cherchent un abri fous son ombrage ; mais ,attaché à la terre par de trop foibles racines, il est ren-versé au premier ouragan. Ces états n’ont qu’un mo-ment d’existence , s'ils ne font environnés de nationspeu entreprenantes Sc soumises au pouvoir arbitraire,l.a force respective de pareils états consiste alors dansl’équuibre de leur faiblesse. Un empire despotique a-t-il.

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