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Tome second.
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l86 DE l' E s p r I T.

clure un traité qui devoir lui rendre un citoyen si ver-tueux. D’aiiletirs, en supposant que le sénat se rendîtà son avis, il étoit encore très-vraisemblable que, parla crainte de représailles, ou par admiration peur íavertu , les Carthaginois ne le livreroient point au sup-plice dont ils l'avoient menacé. Piégulus ne s’expoíoitdonc qu’au danger auquel, je ne dis pas un héros, maisun homme prudent 5c íeníé devoir íe prélenter pourse soustraire au mépris, 5c s’ostrir à l’admiration desRomains.

II est donc un atr de nécessiter les hommes auxactions héroïques ; non que je prétende inlinuer icique Régulus n ait fait qu’obeir à cette nécessité , &que je veuille donner atteinte à ía gloire ; faction deRégulus fut, fans doute , l’estet de l’enrhousiasme im-pétueux qui le portoit à la venu : mais un pareil en-thousiasme ne pouvoir s’allumer qu’à Rome.

Les vices & les vertus d’un peuple font toujoursun eiíet nécessaire de fa législation : 5c c’est la connoií-sance de cette vérité , qui, sans doute , a donné henà cette belle loi de la Chine. Pour y féconder los germesde la vertu , on veut que les Mandarins participent àla gloire ou à la honte des actions (i) vertueuses cuinfâmes commises dans leurs gouvernemens ; 5c qu’en

(O 11 n’en est pas ainíî des autres empires de î’orient ;les gouverneurs n‘y font chargés que de lever les impôts,8c :ìe s’oppofer aux séditions. D’ailleurs, on n’exige pointd’eux qu’ìls s’occupent du bonheur des peuples de leurprovince : leur pouvoir même, à cet égard, est très-'oorné.