D S L’ E S P R I T. I 9 J
rend elle pas à la patrie d’hommes vertueux que leluxe eut corrompus’ O philosophes ! s’écrioit souventSocrate, vous qui représente ^ les dieu v fur la terresacke\ comme eux vous suffire à vous-mimesvous con-tenter de peu ■ sur-tout n*aile £ point 3 en rampant yimportuner les princes & les rois. “ Rien de plus ferme-- & de plus vertueux, dit Cicéron, que le caractère" des premiers íages de la Grèce. Aucun péril ne les» estrayoir, aucun obstacle ne les décourageoit, au-« cune considération ne les retenoit, ic ne leur faiíoic« lacrifier la vérité aux volontés abíolues des princes*».Mais ces philolophes étoient nés dans un pays pau-vre: aufìì leurs fuccelleurs ne confervèrent-ils pas tou-jours les mêmes vertus. On reproche à ceux d'Alexan-drie d’avoir eu trop de complaisance pour les princesleurs bienfaiteurs , & d’avoir acheté par des basteílesle tranquille loisir dont ces princes les lailsoient jouir.C’est à ce sujet que Flutarque s’écrie : « Quel fpec-" tacie plus avilistanc pour l’humanité que de voir des» sages prostituer leurs eloges aux gens en place! Faut-” il que les cours des rois soient iì souvent lecueil de** la lagí líe & de la vertu ! Les grands ne devroicnt-ils» pas íemir que tous ceux qui ne les entretiennent que'* de choses frivoles, les trompent ( 1 ) - La vraie ma-
( 1 ) 11 fut, fans doute, un temps où les gens d’efpritn’avoient droit de parler aux princes que pour leur diredes choses vraiment utiles. En conséquence, les philo-sophes de l’Inde ne sortoient qu’une fois l’an de leur re-traite. C’étoit pour se reníre au palais du roi. Là } chaciyjTome II. . N