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doit attribuer toutes les difierences d'eíprit <Sc de ca-ractère qu’oii découvre entre les nations. C’eíl, parexemple , à la forme de leur gouvernement que lesorientaux doivent ce génie allégorique, qui fait Scqui doit réellement faire le caractère distinctif de leursouvrages. Dans les pays où les sciences ont été culti-vées , où l’on conserve encore le ddìr d’écrire , oùl’on est cependant soumis au pouvoir arbitraire ,où ,par conséquent, la vérité ne peut Le présenter quefous quelque emblème, il est certain que les auteursdoivent insensiblement contracter l'habitude de nepenser qu’en allégorie. Ce fut aussi pour faire sentirà je ne lais qnel tyran l’injustice de ses vexations, ladureté avec laquelle il traitoit les sujets, & la dépea-dance réciproque & nécessaire qui unit les peuples &les louverains, qu'un philosophe Indien inventa, dit-on, le jeu des échecs. II en donna des leçons au tyran;lui fit remarquer que,si dans ce jeu,les pièces deve-noient inutiles après la perte du roi, le roi, après laprise de ses pièces, fe trouvoit dans impuissance cleíe défendre ; Sc que, dans l’un & l’autre cas, la partisétoit également perdue (i).
(i) Les viíìrs ont, par de semblables adresses, trouvéle moyen de donner des leçons utiles aux souverains :« Un roi de Perse en colère déposa son grand-viíir, 8c en« mit un autre à sa place : néanmoins , parce que d’ail--- leurs il éteit content des services du déposé , il lui dit« de choisir , dans ses états, un endroit tel qu’il lui plai-»> roit, pour y jouir, le reste de ses jours, avec fa famille ,des bienfaits qu’il avoir reçus de lui jusqu’alors. Le visir