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Tome second.
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DE £.* E S P R í 7 . 143

Ce que je dis de l’histoire, je le dis de leloquence.Si I Italie fut íi féconde en orateurs, ce n’est pas *comme l’a soutenu la savante imbécillité de quelquespedans de collège, que le íol de Rome fût plus propreque celui de Lisbonne ou de Constantinople, à pro-duire de grands orateurs. Rome perdit au mpme ins-tant son éloquence & fa liberté : cependant nul accidentarrive à la terre n avoir, lotis les empereurs, changéle climat de Rome. A quoi donc attribuer la diiected orateurs où íe trouvèrent alors les Romains , li cen'est à des causes morales, c’est-à-dire, aux change-mens arrivés dans la forme de leur gouvernement ìQui doute qu’en forçant les orateurs à s’exercer fur depetits iujets (r), le despotisme n’ait tari les lources de

fait à ce sujet. Ta-i-t-song, deuxième empereur de la dy-nastie des Tangs demanda un jour au président de cemême tribunal, qu’il lui fit voir les mémoires destinéspour l’histoire de son règne. Seigneur, lui dit le président,songes que nous renions un compte exact des vices & des vertusdes souverains ; que nous cesserions d'être libres, fi vous per-ssie\ dans votre demande. . . . Eh quoi! lui répondit l'ern-pereur, vous qui me devez ce que vous êtes , Vous qui m’étic^ji attaché , voud'ie^-vous instruire la postérité de mes fautes ,Jt j'en comme trois ? ... 11 ne seroit pas , reprit le président,en mon pouvoir de les cacher. Ce seroit avec douleur que je lesécrirois ; mais tel efl le devoir de mon emploi , qu il m'obligemême i’ìnsiruìre la postérité de la conversation que vous avet^aujourd’hui avec moi.

(1) L'air de liberté que Tacite respira dans fa premièrejeunesse, sous le règne de Vespasien, donna du ressort àson aine. Il devint, dit M. L'abbé de la Bletterie, un

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