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l’éloquence? Sa force consiste principalement dans lagrandeur des sujets qu’elle traite. Supposons qu’il fallûtautant d’eíprit pour écrire le panégyrique deTrajan ,que pour composer les Catilinaires : dans cette hypo-thèse même , je dis que , par le choix de son sujet,Pline setoit resté fort inférieur à Cicéron. Ce dernierayant à tirer les Romains de l’alfoupiíTement oùCatilina vouloir les surprendre ; il avoir à réveiller eneux les pallions de la haine & de la vengeance : 5ccomment un sujet si intéressant pour les maîtres dumonde, n’auroit-il pas fait déférer à Cicéron la palmede l'éloquence ;
Qu'on examine à quoi tiennent les reproches debarbarie 5c de stupidité que les Grecs, les Romains& tous les Européens ont toujours faits aux peuplesde l’orient : l'on verra que les nations n’ayant jamaisdonné le nom d’efprit qu’à l’aflemblage des idées quileur étoient utiles ; &c le despotisme ayant interdit,dans presque toute l'Asie , l’étude de la morale , dela métaphysique, de la jurilprudence, de la politique,enfin de toutes les sciences intéressantes pour l’hu-maniré ; les orientaux doivent, en conséquence , êtretraités de barbares, de stupides, par les peuples éclai-rés de l’Europe , Sc devenir éternellement le méprisdes nations libres Sc de la postérité.
homme de génie ; 8c il n’eût été qu’un homme d'esprit,Vil fût entré dans le monde fous le règne de Néron.