M° DEL' ESPRIT.
n en impofoit à la raison de ce peuple. Un Lacédé-ìnonien, exempt dès le berceau des caprices & deshumeurs de 1 enfance, étoit, dans fa jeunesse, affran-chi de toute crainte ; il marchoit avec assurance dansles lolitudes & les ténèbres : moins superstitieux queles autres Grecs, les Spartiates choient leur religion2 u tribunal de la rail on.
Or, comment les sciences & les arts n’atuoient ilspas jeté le plus grand éclat, dans un pays tel que laGrèce , où on leur rendort un hommage si général &si constant ì Je dis constant, pour prévenir l’objcctionde ceux 'qui prétendent, comme M. l’abbé Dubos ,que , dans certains siècles , tels que ceux d’Auguste Scde Louis XIV, certains vents amènent les grands-hommes,comme des volées d’oiíeaux rares, Onallègue,en faveur de ce sentiment, les peines que se íont vaine-ment données quelques souverains ( i ) pour ranimerchez eux les sciences ôc les arts. Si les efforts de cesprinces ont été inutiles, c’est , répondrai-je, parcequ’ils n’oni pas été consians. Après quelques sièclesd’ignorance, le teriein des arts & des sciences est quel-quefois si sauvage & si inculte, qu’il ne peut produire
(t) Les souverains sont sujets à penser , que, d’un mot8e par une loi, ils peuvent tout-à-cotip changer l'espritd’tine nation ; faire, par exemple , d'un peuple lâche Sc.paresseux, un peuple actif & courageux. Ils ignorent que,dans les éttts , les maladies lentes à se former, ne se dis-sipent qu'avec lenteur ; & que , dans le corps politique ,comme dans le corps humain, l’impatience du prince 3cdu malade s’oppoíe souvent à la guérison.