DE L * E S P R I T. iyj
font souvent un homme d’eíprit, & que nous devonstout à l’éducation.
Si, connue on le prétend , le génie, par exemple ,étoit un don de la nature; parmi les gens chargés decertains emplois, ou parmi ceux qui n ai 11 en t ou quiont long-temps vécu dans la province, pourquoi n enseroit - il aucun qui excellât dans les arts tels que lapoulie, la mulique Sc la peinture ? Pourquoi le dondu génie ne 1 uppléeroic il pas, Sc dans les gens chargésd’emplois , à la perte de quelques instans qu’exige1 exercice de certaines places ; Sc dans les gens de pro-vince, à 1 entre tien J’un petit nombre de gens instruits,qu’on ne rencontre que dans la capitaleî Pourquoi legrand-homme n’auroit-il proprement de génie quedans le genre auquel il s est long- temps appliqué îNesent-on pas que , li cet homme ne coniervepas, end autres genres, la même supériorité; c est que, dansun art dont il n’a pas fait 1 objet de ses méditations,l’honnne de génie n’a d’autre avantage lu r les autreshommes que l'habirude de supplication & la méthoded’étudier ; Par quelle raison , enfin , entre les grands-hommes , les grands ministres sent ils les hommes lespius rares ? C’eíc qu’à la multitude de circonstancesdont le concours est absolument nécessaire pour for-mer un grand génie, il saur encore unir le concoursde circonstances propre à elever cet homme de génienu ministère. Or , la réunion de ces deux concours decirconstances, extrêmement rare chez tous les peuples,est prelqne impoíhble dans les pays où le mérite leuln’élève point aux premières places. C’eít pourquoi,