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iì l’on en excepte les Xénophon , les Scipion , lesCorducius, les César, les Annibal, les Lycurgue, 8cpeut-être, clans l’univers une cinquantaine d’hommesá’état dont l’eí prit pou r roi t réellement subir l’examenle plus rigoureux i tous les autres, & même quelques-uns des plus célébrés dans l’histoire, & dont les actionsont jeté le plus grand éclat, n’ont été, quelque élogequ’on donne à l’étendue de leurs lumières , que desesprits très-communs. C'etì à la force de leur carac-tère (i), plus qu’à celle de leur esprit, qu’ils doiventleur célébrité. Le peu de progrès de la législation , lamédiocrité des ouvrages divers & presque inconnus >qu’ont laissé les Auguste , les Tibère , les Titus , lesAntonin , les Adrien , les Maurice & les Charles -Çuint, 8c qu’ils ont composes dans le genre mêmecù ils dévoient exceller , ne prouvent que trop cetteopinion.
La conclusion générale de ce discours , c’est que
(i) Les caractères forts, 8c par cette raison, souventinjustes , font, en matière de politique, encore plus pro-pres aux grandes choses, que de .grands esprits fans carac-tère. U faut, dit César, plutôt exécuter que consulter lesentreprises hardies. Cependant ces grands caractères sontplus communs que les grands esprits. Une grande passion,qui suffitpoursormerun grand caractère, n’estencorequ'unmoyen d'acquérir un grand esprit. Aussi, entre trois cuquatre cents ministres ou rois, trouve- t-on ordinairementun grand caractère, lorfqu'entre deux ou trois mille onn’est pas toujours sûr de trouver un grand esprit ; supposéqu’il n’y ait d’autres génies vraiment législatifs que ceuxde Minos, de Confucius, de Lycurgue, Lee.
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