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Tome second.
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158 D E L’ E S P R I t:

Auíîì tout l’artde l’éducation consiste à placer les jet* 6nés gens dans un concours de circonstances propresà développer en eux le germe de i’eíprit <Sc de la vertu.I/amourdu paradoxe nem’a point conduit à cette con-clusion ; mais le seul désir du bonheur des hommes.J’ai senti, & ce qu’une bonne éducation répandrait

son organisation. En conséquence, il n'est presque pointd'hommes qui ne doivent traiter de paradoxe , des prin-cipes qui choquent ouvertement leurs prétentions. Toutevérité qui blesse l’orgueil, lutte long-temps contre ce sen-timent , avant que d'en pouvoir triompher. On n’est justeque lorsqu’on a intérêt de hêtre. Si le bourgeois exagèremoins les avantages de la naissance que le grand seigneur,s’il en apprécie mieux la valeur, ce n'est pas qu’il soit plussenle : se s inférieurs n’ont que trop souvent à se plaindrede la sotte hauteur dont il accuse les grands seigneurs : lajustesse ds son jugement n’est donc qu'un ester de sa va-nité : c’est que, dans ce cas particulier, il a intérêt d’êtreraisonnable. T ajouterai à ce que je viens de dire, que lesprincipes ci-dessus établis, en les supposant vrais, trou-veront encore des contradicteurs dans tous ceux qui neles peuvent admettre, fans abandonner d’anciens préjugés.Parvenus à un certain âge, la paresse nous irrite contretoute idée neuve, qui nous impose la fatigue de l’examen.Une opinion nouvelle ne trouve de partisans que parmiceux des gens d’esprit qui, trop jeunes encore pour avoirarrêté leurs idées, avoir senti l’aiguillon de l’envie, sai“lissent avidement le vrai par-tout où ils Papperçoivent. Euxseuls, comme je l’ai déjà dit, rendent témoignage à lavérité, la présentent, la font percer, & rétablissent dnnsle monde ; c’est d’eux seuls qu’un philosophe peut attendrequelque éloge : la plupart des autres hommes font desjuges corrompus par la paresse, ou par l’envie.