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Tome second.
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DE L' E S P R I T. 2 . 6 ;

de degrés de perfection. Corneille naît dans lin mo-ment où la perfection qu’ii ajoute a cet art, doit faireépoque ; Corneille est un génie (i).

Je ne prétends nullement , par cette observation,diminuer la gloire de ce grand poète , mais prouverfeulement que la loi de continuité est: toujours exac-tement observée, & qu’il n’y a point de íauts dans ianature (i). Audi peut-on appliquer aux sciences 1 ob-servation faite fur fart dramatique.

Kepler trouve la loi dans laquelle les corps doi-vent peser les uns sur les autres. Newton , par sup-plication heureuse qu’un calcul très - ingénieux luipermet d’c-n faire au íystème céleste , allure l’existence

C 1 ) Ce n’est pas que !?. tragédie ne fût encore, du tempsde Corneille , susceptible de nouvelles perfections. Racinea prouvé qu’on pouvoir écrire avec plus d'élégance ;Cré-biilon, qu’on pouvoir y porter plus do chaleur; Sz Vol-taire eût, fans contredit, fait voir qu’on pouvoir y mettreplus de pompe & de spectacle, fi le théâtre, toujours cou-vert de spectateurs, ne fe fût pas absolument opposé à cegenre de beauté si connu des Grecs.

(z) II est, en ce genre, mille sources d’illusion. Unhomme fait parfaitement une langue étrangère : c’est , sil’on veut, I’efpagnol. Si les écrivains espagnols nous font?dors supérieurs dans le genre dramatique , fauteur fran-çais , qui profitera de la lecture de leurs ouvrages, ne sur-passat-il que de peu ses modèles, doirparoître un hommeextraordinaire à des compatriotes ignorans. On ne domerapas qu’il n’ait porté cet art à ce haut degré de perfectionauquel il feroit impossible que l’efprit humain pûtd’abordlelever.

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