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Tome second.
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2.68 ' DE L’ E S P R I T.

ou’à l’opiniârreté avec laquelle il fe concentre dans urïseul genre. L'ne science suffit pour remplir toute lacapacité d’une ame : aussi n’est-il pas & ne peut-il yavoir de génie universel.

La longueur des méditations nécessaires pour ferendre supérieur dans un genre , comparée au courtelpace de la vie, nous démontre l’impoffibilité d ex-celler en plusieurs genres.

Bailleurs , il n est qu un âge, & c’est celui des pas-sions, où l’on peut dévorer les premières difficultésqui défendent l’acccs de chaque science. Cet âge passé,

ma femme : je ne me mêle point des affaires du ménage.

Le goût de l’étude ne souffre aucune distraction. C’està la retraite où ce goût retient les hommes illustres, qu’ilsdoivent ces mœurs simples & ces réponses inattendues& naïves, qui, si souvent, fournissent aux gens médiocresdes prétextes de ridiculiser le génie , que je citerai, à cesujet, deux traits du célèbre La Fontaine. Lin de ses amis,qui, fans doute, avoir fa conversion fort à cœur, lui prêteun jour son Saint Paul. La Fontaine le lit avec avidité :mais, né très-doux & très-humain, il est blessé de la du-reté apparente des écrits de l’apôtre ; il ferme le livre , lereporte à son ami, & lui dit : Je vous rends votre livre : ceSaint Paul-ld nef pas un homme. C’est avec la même naï-veté , que comparant un jour saint Augustin à Rabelais :Comment , s’écrioit La Fontaine , des gens de goût peuvent -ils préférer la lecture d’un saint Augustin d celle de ce Rabelaisfi naïf ct fi amusant ?

Tout homme qui fe concentre dans l’étude d’objets in-téressans, vit isolé au milieu du monde. 11 est toujours lui,& presque jamais les autres ; il doit donc leur paroîtf*presque toujours ridicule.