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on peut apprendre encore à manier, avec plus d’a-dretle , l’outil dont on s’est toujours íervi , à mieuxdévelopper tes idées,à les présenter clans un plus grandjour ; mais on est incapable des estons nécessaires pourdéfricher un terrein nouveau.
Le genie , en quelque genre que ce soit, est tou-jours le produit d'une infinité de combinaisons, qn’onn s lait que dans la première jeunesse.
Au reste , par génie , je n’entends pas simplementle génie des découvertes dans les íciences , ou de l’in-venticn dans le tond & le plan d u n ouvrage; il estencore un génie de lexpreílìon. Les principes de fartd’écrire lent encore si oblcurs tk si imparfaits; il esten ce genre si peu de données , qu’on n obtient pointle titre de grand écrivain , tans être réellement inven-teur en ce genre.
La l'cntaine & Boileau ont porté peu d’inventiondans le fend des sujets qu’iis ont traités : cependantl’un & 1 autre iont , avec raison , mis au rang desgénies ; le premier , par la naïveté , le sentiment ôcTagrément qu'il a jeté dans ses narrations ; le second,par ia correction, la force & la poésie de style qu’il amiles dans les ouvrages. Quelques reproches q'u’onfasse à Boileau ; on est forcé de convenir q n'en per-fectionnant infiniment fart de la versification , il aréellement mérité le titre d'inventeur.
Selon les divers genres auxquols on s'appiiquejl’uneou l’autre de ces différentes espèces de génie font plusou moins désirables. Dans la poésie, par exemple , legénie de lexpreílìon est , si je l’cfe dire , le génie de