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néceííìté. Le poète’épique le plus riche dans l’mveiì-tion des fonds , n’est point lu sfil est privé du génie delexpreífion ; au contraire, un poème bien versifié , Scplein de beautés de détail Sc de 'poésie, fût-il d’ailleursfans invention , fera toujours favorablement accueillidu public.
II n’en est pas ainsi des ouvrages philosophiques :dans ces lottes d’ouvrages, le premier mérite est celuidu fond. Pour instruire les hommes , il faut, ou leurprésenter une vérité nouvelle , ou leur montrer lerapport qui lie ensemble des vérités qui leur paroi l-fent isolées. Dans le genre instructif, la beauté, l’é-légance de la diction & l’agrément des détails ne fontqu’un mérite secondaire. .Aussi, parmi les modernes,a t on vu des philosophes íans force , lans grâces , Scmême fans netteté dans l’exprefiìon , obtenir encoreune grande réputation. L’obscurité de lents écritspeut quelque temps les condamner à l’oubli ; maisenfin ils en sortent: il naît tôt ou tard un esprit péné-trant & lumineux,qui, íailîíïar.t les vérités contenuesdans leurs ouvrages, les dégage de l’cbscurité qui lescouvre , & fait les exposer avec clarté. Ceteiprit lu-mineux partage avec les inventeurs le mérite Sc lagloire de leurs découvertes. C’est un laboureur quidéterre un trésor, & partage avec !epropriétaire dufonds les richesses qui s’y trouvent enfermées.
D après ce que j ai dit de lfinvention des fonds &du génie de l'expreínon , il est facile d’expliquer com-ment un écrivain , dejà célèbre , peut compoíer demauvais ouvrages : il suffit , pour cet ester, qu filfccrive dans un genre cù l’espèce de génie dont il est