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Dans la Grèce, elle infpiroit Hésiode, lorsque’plein de son enthousiasme , il dit : « Au commence-
ciel sont de toute éternité. Seize mondes terrestres sontsoumis au nôtre , & les plus élevés sent les plus délicieux.Une fizmme, détachée, tous les trente-six mille ans, desabîmes du firmament, enveloppe la terre comme Pécorceembrasse le tronc, Sc la résout en eau. La nature, réduitequelques instans à cet état, est revivifiée par un génie dupremier ciel. 11 descend, porté sur les ailes des vents ;leur souffle fait écouler les eaux, le terrein humide estdesséché, les plaines, les forêts se couvrent de verdure ,& la terre reprend fa première sonne.
Au dernier embrasement qui précéda, disent les habi-tans de Lao, le siècle de Xaca, un mandarin, nomméPontabobamy-suan , s'abaisse fur la surface des eaux : unefleur surnage sur leur immensité ; le mandarin l'apperçoit,la partage d‘un coup de son cimeterre. Par une métamor-phose subite, la fleur, détachée de sa tige , se change enfille ; la nature rf a jamais rien produit de si beau. Le man-darin , épris pour elle de la plus violente ardeur, lui dé-clare fa tendresse. L'amour de la virginité rend la filleinsensible aux larmes de son amant. Le mandarin respectesa vertu ; mais, ne pouvant se priver entièrement de savue, il se place à quelque distance d’elle : c'est de là qu'ilsse dardent réciproquement des regards enflammés dontrinfluence est telle, que la fille conçoit Sc enfante fansperdre fa virginité. Pour subvenir à la nourriture des nou-veaux habitans de la terre, le mandarin fait retirer leseaux ; il creuse les vallées , élève les montagnes , & vitparmi les hommes , jusqu'à ce qu’enfin lassé du séjour dela terre , il vole vers le ciel : mais les portes lui en sontfermées, & ne fe r’ouvrent qu'après qu'il a, fur le mondeterrestre , subi une longue 8crude pénitence. Tel est, auroyaume de Lao, le tableau poétique que l'iinaginatioa