D Z L’ S S P R I T,
C’est alors qu’elle peut creer ces êtres & ces lieuxnouveaux, que la poulie , par la précision de ses tours,la magnificence de Texprelììon & la propriété des mots,rend visibles aux yeux des lecteurs.
S’agit il de peintures hardies > 1 imagination fait queles plus grands tableaux, su lient ils les moins corrects,font les plus propres à taire imprellìon ; qu on pré-fère à la lumière douce & pure des lampes alluméesdevant les autels les jets mêlés de feu, de cendre &de fumée lances par l’Ethna.
S’agit-il d un tableau voluptueux ; c’est Adonis queTimagination conduit avec l’Albane au milieu d’unbocage: Vénus y paroît endormie fur des roses ; ladéesse le réveille ; l’incarnat de la pudeur couvre sesjoues ; un voile léger dérobe une partie de les beautés ;Tardent Adonis les dévore ; il saisit la déesse, triomphede sa résistance ; le voile est arraché d une main impa-patiente , Vénus est nue , Talbâtre de son corps estexposé aux regards du désir : & c’est là que le tableaureste vaguement terminé, pour laisser aux caprices &aux fantaisies varices de l’amour le choix des caresiès& des attitudes.
Sagit - il de rendre un fait simple fous une imagebrillante ; d’annoncer, par exemple, la dissension quis'élève entre les citoyens : Timagination représenterala paix qui fort éplorée de la ville, en abaissant furses yeux l’olivier qui lui ceint le front. C’est ainsi quedans la poésie Timagination sait tout exposer lous decourtes images, ou fous des ahégaries qui ne íont pro-prement que des métaphores prolongées.