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Tome second.
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i8o DE t’ E S P R 1 T.

Je terminerai ce morceau surJ'imagination par unefable orientale, peut-être incorrecte à certains égards,mais très ingénieuse, & très propre à prouver com-bien l’imagination peut quelquefois prêter de charmesu sentiment, C est un amant fortune qui, sous levoile dune allégorie , attribue ingénieusement à samaîtresse & à samour qu'il a pour elle, les qualitésqu’on admire en lui.

-< J’étois, un jour, dans le bain : une terre odorante,» d’une main aimée , palla dans la mienne, ,1c lui dis :» Es tu le musc ? es tu l’ambre ? Elle me répondit :« Je ne suis qu’une terre commune ; mais j’ai eu quel-» que liaison avec la rote ; ta vertu bienfaisante m’a•> penetree ; lans elle , je ne serois encore qu’une terre» commune (t) ».

J’ai, je pense, nettement déterminé ce qu’on doitentendre par imagination 3 & montré , dans les diffé-rons genres l’ulage qu’on en peut faire. Je passe main-tenant au sentiment.

Le moment où la paillon se réveille le plus forte-ment en nous , est ce qu’on appelle le sentiment. Aulîìn entend on par pcjjìon qu’une continuité de senti-men s de même espèce. La paillon d’un homme pourune femme n'est que la durée de ses désirs & de sessentimens pour cette même femme.

Cette définition donnée, pour distinguer ensuite lessentimens des sensations , & lavoir quelles idées diffé-rentes on doit attacher à ces deux mots , qu’on emploie

(l) Voyez le Guis an ou C empire des Roses 3 de Saadi.