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Tome second.
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îi ;4 d e l’ e s p r i t.tions à faire. La première, t est qu’on ne désigne dansles arts par le nom d’eíprit, que ceux qui, lans genie,ni talent pour un genre , y transportent les beautésd'un autre genre : telles íont, par exemple, les comé-dies de M. de Fontenelle, qui dénuées d u génie & dutalent comique, étincellent de quelques beautés phi-losophiques. La seconde, c'est que l'invention appar-tient tellement à I’elprit , qu’cn n’a jufqu’à présent,par aucune des épithètes applicables au grand esprit,désigné ceux qui remplissent des emplois utiles,'maisdont l’exercice n'exige point d'invention. Le mêmeusage , qui donne l'épithète de bon au juge , au finan-cier (i), à 1 arithméticien habile , nous permet d’ap-pliquer l’épithète de sublime au poète, au législateur,au géomètre , à l’orateur. L’eíprit suppose donc tou-jours invention. Cette invention, plus elevée dans legénie , embrasse d'ailleurs plus d’étendue de vue ; ellesuppose, par conséquent, & plus de cette opiniâtretéqui triomphe de toutes les difficultés, & plus de cettehardiesse de caractère qui le fraie des routes nouvelles.

Telle est la différence entre le génie & l'esprit, &l’idée générale q u'on doit attacher à ce mot esprit.

Cette ditserence ctablie, je dois obleiver que noussommes forcés par la disette de la langue á prendie

(t) Je ne dis pas que de bons juges, de bons financiersn’aient de l’esprit; mais je dis seulement que ce n'est pasen qualité de juges ou de financiers qu’ils en ont; à moinsque l'on ne confonde la qualité de juge avec celle de lé-gislateur.