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CHAPITRE IV.
De l 1 Esprit fin j de VEsprit sort.
D ans le physique, on donne le nom de fin à cequ’on n’apperçoit point sans quelque peine. Dans lemoral, c’est-à-dire, en fait d’idées Sc de sentimens ,on donne pareillement le nom de fin à ce qu’on n’ap-perçoit point fans quelques efforts d’esprit, Sc sansune grande attention.
L’Avare de Molière soupçonne son valet de l’avoirvolé; il le fouille; Sc, ne trouvant rien dans ses poches,il lui dit : Rends-moi jsans te fouiller 3 ce que tu m’asvolé. Ce mot d’Harpagon est fin ; il est dans le carac-tère d’un avare; mais il étoit difficile del’y découvrir.
Dans l’opéra d’Isis, lorsque la nymphe Io , pourcalmer les plaintes d’Hiérax, lui dit : Dos rivaux fiont-ils mieux traités que vous ? Hiérax lui répond :
Le mal de mes rivaux n égale pas ma peine.
La douce illusion d’une espérance vaineNe les fait point tomber du faîte du bonheur :
Aucun d’eux, comme moi , n a perdu votre cœur :Comme eux , à votre humeur sévèreJe ne fuis point accoutumé.
Quel tourment de cejfer de plaire ,
Lorsqu on a fait t essai du plais r d'être aimé !
Ce sentiment est dans la nature ; mais il est fin, il est