Band 
Tome second.
Seite
297
JPEG-Download
 

DE L,’ E S P R I T. 197

caché au fond du cœur d’un amant malheureux. IIfalloir les yeux de Quinault pour l'y appercevoir.

Du sentiment, passons aux idées fines. On entendpar idée fine une conséquence finement déduite d’uneidée générale ( 1 ). Je dis une conséquence, parcc qu’uneidée, des qu’elle devient féconde en vérités, quittele nom à’idée fine pour prendre celui de principe oud 'idée générale. On dit les principes Sc non les idéesyíVte.rd’AristotejdeDescartes, de Locke 8c de Newton.Ce n’est: pas que, pour remonter, comme ces philo-sophes , d’obfervations en observations, julqu’à desidées générales, il n’ait fallu beaucoup de finelse d’es-prit, c’est-à-dire beaucoup d’attemion. Inattention( qu’il me soit permis de le remarquer en passant) estun microscope qui, grossissant à nos yeux les objets,fans les déformer, nous y fait appercevoir une infinitéde ressemblances & de différences invisibles à l’œilinattentif. L'esprit, en tout genre, n'est proprementqu’un effet de l’attention.

Mais, pour ne pas m’écarter de mon sujet, j’obser-verai que toute idée & tout sentiment, dent la dé-couverte suppose , dans un auteur , 8c beaucoup desineílè, & beaucoup d attention, ne recevra cependantpas le nom de fin , fi ce sentiment ou cette idée fontou mis en action dans une scène, ou rendus par untour simple & naturel. Le public ne donne pas le nomde fin à ce qu’il entend fans effort. II ne désigne jamais,

(1) Les ouvrages de M. de Fontenelle en fournissentnulle exemples.