I) E L’ E S P R I T. -99
On donne encore le nom d 'idées fines aux idéesïendues par un tour obíctir, énig ma tique & recher-ché. C’efc moins à l'c-ípòce des idées qu’à la manièrede les exprimer qu en général on attache le nomde fin.
Dans l’éloge de M. le cardinal Dubois , lorsque,parlant da soin qu'il avoir pris de 1 éducation de M. leduc d’Orleans régent, M. de Fonrenelle dit que ceprélat avoit. tous les jours travaillé à je rendre inutile jc’est à Tobícurité de l’expreflion que cette idée doit íafinesse.
Dans l’opára de Thétis , lorsque cette déesse, pourse venger de Pélée , qu elle croit infideile, dit :
Mou cœur s'est engagé fous l'apparence vaineDes feux que tu feignis pour moi ;
Mais je veux f en punir , en m'imposant la peineD‘en aimer un autre que toi;
II est encore certain que cette idée & routes les idéesde cette espèce ne devront le nom àt-fines , qu’on leurdonnera communément, qu’au tour énigmatique souslequel on les présente, & , par conséquent, au petiteffort d esprit qu'il saut faire pour les saisir. Or, unauteur n’écrit que pour se faire entendre. Tcut ce quis'oppose à la clarté est donc un défaut dans le style ;
cipes vagues, dont l’obfcurité est toujours suspecte à qui-conque a le mot de M. de Fontanelle habituellement pré-sent à 1 esprit. Faute d’avoir,stje l'ose dire, fouillé jusqu’atiterrain vierge , l'immense édifice de leur système s’est af-faissé , à mesure qudls le construisoient.