Band 
Tome second.
Seite
301
JPEG-Download
 

DE L' E S P R I T. 501

Une idée allez commune, mais rendue par une ex-preílion ou une image frappante , peut faire fur nousune impression alfez forte. M. l’abbé Cartaut, parexemple , comparant Virgile à Lucain : « Virgile,-- dit-il , n'est qu'un prêtre élevé au milieu des gri->» maces du temple ; le caractère pleureur , hypocrite« 8c dévot de son héros déshonore le poète, son en-« thouliaíme semble ne s’échauffer qu'à la lueur des« lampes suspendues devant les autels , 8c l’enthou-» hasme audacieux de Lucain s'allumer au feu de la” foudre ». Ce qui nous frappe vivement elì donc cequ’on désigne par l'épi thé te d e fort. Or, le grand 8cle fort ont cela de commun, qu'ilsfont fur nous uneimpression vive ; aulsi les a-t on íouvent confondus.

Pour fixer nettement les idées différentes q u on doitfe former du grand Sc du fort, je considérerai séparé-ment ce que c'est que le grand & le fort, i°. dans lesidées, 1 dans les images, 5 0 . dans les fentimens.

Une idée grande est une idée généralement intéres-sante. Mais les idées de cette espèce ne sont pas tou-jours celles qui nous affectent le plus vivement. Lesaxiomes du portique ou du lycée, intéressais pourtous les hommes en général, Sc par conséquent peurles Athéniens, ne dévoient cependant pas faire fur eux1 impression des harangues de 'Démosthène , lorsquecet orateur leur reprochoit leur lâcheté : Vous veus

ou de Sculpteurs, l’in-igale force des différens poètes, Scl’on dit, en conséquence , un poète peintre, un poète sculp-teur.