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Tome second.
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Zor. DE l’’ E S P R I T.

demande^ Vun à t'autre leur disoit-il , Philippe cjl-ilmort ? Hé! que vous importe Athéniens 3 qu (i) * 3 il vivecu qu 3 il meurs? Quand le ciel vous en auroit délivrés -,vous vous feriez bientôt vous-mêmes un autre Philippe.Si les Athéniens'croient plus frappes du discours deleur orateur que des découvertes de leurs philosophes,c’est que Démosthène leur présentoir des idées plusconvenables à leur situation actuelle , & par consé-quent plus immédiatement intéressantes pour eux.

Or , les hommes, qui 11 e contredisent , en général,que l’existence du moment, seront toujours plus vi-vement affectés de cette espèce d’iuées , que de cellesqui, par la rai ion même qu’elles font grandes Sc gé-nérales , appartiennent moins directement à l’état oàils le trouvent.

Auin ces morceaux d’éloquence propres à porter l’é-motion dans les âmes, Sc ces harangues si fortes, parcsqu’on y discute les intérêts actuels d’un état, ne font-elles pas d’une utilité aussi étendue, auílì durable, ocne peuvent elies, comme les découvertes d’un philo-sophe , convenir également à tous ics temps 6c à tousIcs lieux.

En fait d’idées, la feule différence entre le grand 8cle fort, c’est que l’un est plus généralement Sc l’autreplus vivement intéreílant (i).

(i) On dit quelquefois d’un raisonnement qu'"il est tort,ir.ais c’est lorsou’il s’actt á’un obier intéressant pour nous.jUiíTì ne donne-t-on pas ce nom aux démonstrations de

géométrie, qui, de tous les raisonnemcr.s , sont, sons

contredit, les plus forts.