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S’agit- il de ces belles images , de ces descriptionsou de ces tableaux faits pour frapper Imagination :le fort Sc le grand ont ceci de commun, qu’ils doi-vent nous présenter de grands objets.
Tamerlan 6c Cartouche font deux brigands, dontl’un vole avec quatre cent mille hommes, & l’autreavec quatre cents hommes; le premier attire nctrerespect, & le iecond notre mépris (1).
Ce que je dis du moral , je 1 applique au physique.1 out ce qui, par foi même, est petit, cu le devient parla comparaison qu’on en fait aux grandes choies , nefait lur nous preíque aucune impreiìion.
Que l'on íe peigne Alexandre dans 1 attitude la plushéroïque, au moment qu il fond lur l’ennemi : sil'imagination place à côté du héros l’un de ces fils de laterre (z), qui, croissant par an d’une coudée en grol-feur 6c de trois ou quatre coudées en hauteur, pou-voient entaller O lia lur Pélion ; Alexandre n’est plusqu’une marionnette plaisante, 6c la fureur n’est queridicule.
Mais si le fort est toujours grand, le grand n’est pastoujours fort. Une décoration 011 du temple du Dél-iai , ou des lotés du ciel, peut être grande , majes-
(1) Tout devient ridicule sans'U force; tout s’ennoblitavec elle. Quelle différence de la fripponnerie d un contre-bandier à celle de Charles-Quint ?
(1) Aux yeux de ce même géant, ce César qui dit delui : Veni, vìdi, vici, 8c dont les conquêtes croient si ra-pides, lui paroitroit se traîner sur la t_rre avec la lenteurd’une étoile de mer, ou d'un limaçon.