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sations , c’estdonc parles íens qu’il faut transmettrenos idées aux autres hommes ; il faut donc , commej’ai dit dans le chapitre de 1 imagination, parler auxyeux pour íe faire entendre à l’eíprit.
Pour nous frapper fortement, ce n’est pas mêmeallez qu’une image loit juste & exactement calquéefur une idée ; il faut encore quelle loir grande , (ansêtre gigantesque ( 1 ) : telle est 1 nuage employée parl’immortel auteur de YEsprit des lois , loriqu il com-pare les despotes aux sauvages , qui , la hache à lamain abattent l’arbre dont ils veulent cueillir lesfruits.
II faut, de plus, que cette grande image soit neuve ,ou , du moins, présentée lous une face nouvelle.
C’est la surprise excitée par fa nouveauté , qui,fixant toute notre attention fur une idée , lui laille letemps de faire fur nous une plus forte impreíììon.
L’on atteint enfin , en ce genre, au dernier degréde perfection, lorsque l’image sous laquelle on pré-sente une idée, est un® image de mouvement. Ce ta-bleau , toujours préféré au tableau d’un objet immo-bile , excite en nous plus de sensations, & nous fait,en conséquence, une impression plus vive. On est
( 1 ) L’excessive grandeur d’une image la rend quelque-fois ridicule. Quand le Píalmiste dit que les montagnes fau.tent comme des béliers , cette grande image ne fait fur nousque peu d’esset, parce qu’il est peu d’hommes dont l'ima-gination soit assez forte pour fe faire un tableau net & vifde montagnes sautant comme des cabrits.
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