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Tome second.
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310 DEL’ ESPRIT.

moins frappé du calme qne des tempêtes de l’air.

C’est donc à l’imagination qu’un auteur doit, enpartie, la force de son expression ; c’est par ce secoursqu’il transmet dans l’ame de ses lecteurs tout le feude ses pensées. Si les Anglois, à cet égard, s’attribuentune grande lupériorité íur nous, c’est moins à la forceparticulière de leur langue, qu a la forme de leur gou-vernement qu ils doivent cet avantage. On est toujoursfort dans un état libre , où l’hotnine conçoit les plushautes pensées , & peut les exprimer aussi vivementqu’il les conçoit. II n’en est pas ainsi des états monar-chiques : dans ces pays, 1 Intérêt de certains corps,celui de quelques particuliers puilsans, & plus lou-vent encore une fausse & petite politique, s’opposentaux élans du génie. Quiconque, dans ces gouverne-mens , s’élève jusqu’aux grandes idées , est souventforcé de les taire, ou du moins contraint d’en énerverla force par le louche, l’énigmatique & la foiblesse del’expression. Aussi le lord Chestersield , dans une lettreadressee à M. l’abbé de Guasco, dit, en parlant deî’auteur de YEsprit des Loix : « C’est dommage que« M. le président de .Montesquieu, retenu, sans doute,« par la crainte du ministère, n’ait pas eu le courage» de tout dire. On sent bien, en gros, ce qu’il peníe« fur certains sujets ; mais il ne s'exprime point aster“ nettement & assez fortement : on eût bien mieux« su ce qu’il pensait, s il eût composé à Londres, &» qu’il fût ne Anglois <>.

Ce défaut de force dans l’expression n’est cependantpoint un défaut de génie dans la nation, Dans tous let