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l’organe par lequel il communique aux esprits com-muns des idées trop au-dessus de leur intelligence.
Si l’on a souvent confondu 1 esprit de lumière aveele génie ,c’est que l’un & l’autie éclairent I humanité,ôc qu’on n’a point assez fortement senti que le génieétoit le centre ëc le foyer d’où cette forte d esprit tiroirles idees lumineuses qu’il réstéchissoit ensuite sur lamultitude.
Dans les sciences, le génie, semblable au naviga-teur hardi , cherche 8c découvre des régions incon-nues. C’est aux esprits de lumière à traîner lentementfur ses traces &: leur siècle ëc la lourde masse des espritscommuns.
Dans les arts, le génie, moins à portée des espritsde lumière, est comparable au coursier superbe, qui,es’un pied rapide, s’enfonce dans l'épaisseur des forêts,òc franchit les halliers 8c les fondrières. Occupés fanscesse à 1 observer, & trop peu agiles pour le suivre dansfa course, les esprits de lumière l’attendent, pour ainsidire,à quelques clairières, fy entrevoient, & marquentquelques uns des sentiers qu’il a battus ; mais ils nepeuvent jamais en déterminer que le plus petit nombre.
En ester, si dans les arts, tels que 1 éloquence ou lapoésie, l’espric de lumière pouvoir donner routes lesrègles sines, de 1 observation desquelles il dût résulterdes poèmes ou des discours parfaits, l’éloquence & lapoésie ne feroient plus des arts de génie ; on devien-droit grand poète óc grand orateur, comme on devientbon arithméticien. Le génie seul saisit toutes ces règlesfines qui lui assurent des succès. L’impuissance des