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Tome second.
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certaine étendue de connoiísances. Cette forte d’eípritdoit, par cette raison , en imposer méme aux genséclairés , &, dans la conversation , 1 emporter fur legénie. Que , dans une assemblée d’hommes célèbresdans des arts ou des sciences différentes, on produiseun de ces esprits de lumière : s’il parle de peinture aupoète , de philosophie au peintre , de sculpture auphilosophe , il exposera ses principes avec plus de pré-cision , & développera ses idées avec plus de nettetéque ces hommes illustres ne se les développeroient lesuns aux autres ; il obtiendra donc leur estime. Maisque ce même homme aille mal-adroitement parler depeinture au peintre , de poésie au poète, de philoso-phie au philosophe , il ne leur patenta plus qu’unesprit net, mais borné , Sc qu’un diseur de lieux com-muns. II n est qu’un cas où les esprits de lumière &:d’étendue puissent être comptés parmi les génies :c’estlorsque certaines sciences font fort approfondies , &cqu’appercevant les rapports qu’elles ont entre elles,ces sottes d esprits les rappellent à des principes com-muns, & , pat conséquent, plus généraux.

Ce que j’ai dit, établit une différence sensible entreles esprits pénétrans & les esprits de lumière & d'éten-due : ceux-ci portent une vue rapide fur une infinitéd objets ; ceux - là , au contraire, Rattachent à peud’cbjets ; mais ils les creusent ; ils parcourent en pro-fondeur l’espace que les esprits étendus parcourent ensuperficie. L’idée que j’attache au mot pénétrant s’ac-corde avec son étymologie. Le propre de cette sorted’çsprit est de percer dans un sujet : a-t-il, dans ce