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par l’envie. II n’eíl point de moyens que l’envieux,íous l’apparence de la justice, n emploie pour dégraderie mérite. On lait, par exemple, qu‘il n’est point devérité isolée - , que toute idée nouvelle tient à quelquesidées déjà connues , avec leíquelies elle a nécessaire-ment quelques reííemblances : c’est cependant de cesressemblances que part 1 envie, pour accuser jour-nellement de plagiat les hommes illustres , nos con-temporains (i) : íoríqu’elle déclame contre les pla-giaires , c’cst, dit - elle , pour punir les larcins litté-
(i) Sous le nom d’amour, Hésiode, par exemple, nousdonne à-peu-près l’idée de l’attraction ; mais, dans cepoète, ce n’étoit qu'une idée vague : elle est, au con-traire , dans Newton, le résultat de combinaisons Sc decalculs nouveaux ; Newton en est donc I'inventeur. Ceque je dis de Newton , je le dis également de Locke.Lorsqu’Aristote a dit : Nikil efi in intellectu qued non priàssuc rit in finsui il n’attachoit certainement pas à ce t axiomeles mêmes idées que M. Locke. Cette idée n’étoit, toutrupins, dans le philosophe grec, que l'appercevance d’unedécouverte à faire , & dontl'honneur appartient en entierau philosophe anglois. C'est l'cnvie soûle qui nous faittrouver, dans les anciens, toutes les découvertes mo-dernes. Une phrase vide de sens, ou ou moins inintelli-gible avant ces découvertes, suísit pour faire crier auplagiat. On ne se dit pas qu’appercevoir dans un ouvrageun principe que personne n'y avoir encore appareil, c’estproprement faire une découverte; que cette découvertesuppose du moins dans celui qui i’a faite, un grand nombred’observations qui menoient à ce principe: & qu’cnfincelui qui ressemble un grand nombre d’idées fous le mêmepoint de vue , est un homme de génie Sc un inventeur.