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Tome second.
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DE L* E S P R I T. 34*

raires ; &r venger le public. Mais, lui répondroit-on,si tu ne coníultois que l’inrérér public, tes déclama-tions íeroient moins vives ; ru íentirois que ces pla-giaires , lans doute , moins estimables que les gensde génie, lont cependant très-utiles au public ; qu’unbon ouvrage, pout être généralement connu, doitavoir été dépecé dans une infinité d’ouvrages mé-diocres.

En ester, fi les particuliers qui composent la so-ciété , doivent (e ranger sons plusieurs classes , quitoutes ont , pour entendre & pour voir, des oreilles& des yeux diftérens, il est évident que le même écri-vain, quelque génie qu'il ait, ne peut également leurconvenir ; qu'il faut des auteurs pour toutes les clas-ses (i), des Neuville pour prêcher à la ville , & desBridaine pour les campagnes. En morale comme enpolitique, certaines idées ne font pas universellementsenties, & leur évidence n'est point constatee qu’ellesn'aient , de la plus sublime philosophie , descendujusqu'à la poésie; &c de la poésie, iuíqu’aux Pont-neufs : ce n’est ordinairement que dans cet instant seulqu’elles deviennent allez communes pour être utiles.

(i) Je rapporterai, à ce sujet, un fait assez plaisant.Un homme se saisoit un jour présenter à un magistrat,homme de beaucoup d’esprit. Que faites-vous ? lui de-manda le magistrat : J c fais des livres , répondit-il. Maisaucun de ces livres ne mJ est encore parvenu ? Je le crois bien ,reprend sauteur : je ne fais rien pour Paris, Dès qu un demes ouvrages est imprimé , j'en envoie sédition en Amérique jjc ne compose que pour Us Colonies.

Y ?