Band 
Tome second.
Seite
369
JPEG-Download
 

DE L* E S P R I T. z6y

de nos jours. Le duc de Lorraine donnoit un grandrepas à toute fa cour ; on avoir servi le souper dansun vestibule, & ce vestibule donnoit fur un parterre.An milieu du souper ,une femme croit voir une arai-gnée : la peur la saisit, elle poulie un cri, quitte latable, fuit dans le jardin, & tombe fur un gazon. Aumoment de fa chute, elle entend rouler quelqu'un àses côtés ; c’étoir le premier ministre du duc : Ah !Monsieur, lui dit-elle, que vous me rassurez ! & quej ai de grâces à vous rendre ! je craignois d’avoir faitune impertinence - , Eh!Madame , qui pourroicy tenir?répond le ministre : mais dites - moi , étoit-dle biengrosse? Ah! Monsieur, elle étoit affreuse. Voioit-elle , ajouta-t-il, près de moi ? Que voulez-vous dire»une araignée voler ? Eh quoi! reprit-il, c 3 ejl pour un&araignée que vous faites ce train-la? AUct ^, Madame yvous êtes une folle: je croyois que c 3 étoit une chauve-fouris. Ce fait est l’histoire de tous les hommes. Onne peut supporter ion ridicule dans autrui ; on s’in-jurie réciproquement; &, dans ce monde, ce n'estjamais qu’une vanité qui íe moque de Tautre. Ausiì,d’après Salomon , est-on toujours tenté de s'écrier iTout efl vanité. C'est à cette vanité que tiennent laplupart de nos mépriíes de sentiment ; mais commec’est íur-tout en matière de coníeils que cette mépriséest plus facilemenr apperçue, après avoir exposé quel-ques-unes des erreurs où nous jette la proionde igno-rance de nous mêmes, il est encore utile de montrerles erreurs où cette même ignorance de nous-mêmesprécipite quelquefois les autres.

Tome II.

Aa