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CHAPITRE XI.
Des Conseils.
Tout homme qu’on consulte croît toujours sesconseils dictés par ì’amìdé. II le dit; la plupart desgens le croient íur la parole, &c leur aveugle confiancene les egare que trop louvent. II íeroìt cependant très-facile de le détromper lur ce point; car enfin , onaime peu de'gens, & l’on veut conseiller tout le monde.Où cette mante de conseiller prend - elle sa source ;Dans notre vanité. La folie de presque tout hommeest de se croire lage , & beaucoup plus (âge que sonvoisin : tout ce qui le confirme d° ns cette opinion luiplan. Qui nous conlulte nous est agréable : c’est unaveu d’infériorité qui fiatte. D’ailleurs, que d’occasionsrintetét du consultant ne nous donne-t-il pas d étalernos maximes, nos idées, nos sentimens, de parler denous , d en parler beaucoup , &c d’en parler en bien ìAuílì n’est-il perlonne qui n’en profite. Plus occupésde 1 intérêt de notre vanité que de i’interêt du con-sultant, il nous quitte ordinairement, lans être ins-truit ni éclairé ; & nos conseils n’ont été que notrepanégyrique. C’est donc, preíque toujours ,îa vanitéqui conseille. Auilì veut-on corriger tout le monde.C’est à ce sujet qu’un philosophe répondoit à un deces conseillers empresses: Comment me eorrïgeroìs- je