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Tome second.
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Z76 DE L* E S P R I T.

utiles , c’est pour le mettre en état de se mieux con-seiller soi-même : s’il est prudent d en demander, cen’est qu’à ces gens sages (i), qui, connoiffant la ra-reté & le prix d’un bon conseil, en sont, & doiventtoujours en être avares. En ester, pour en donnerd’utiles , avec quel foin ne faut - il pas approfondirle caractère d’un homme ? Quelle connoistance nefaut-il pas avoir de ses goûts, de ses inclinations, dessentimens qui l’animent, & du degré de sentimentdont il est affecté? Quelle finesse enfin pour presientirles sautes qu’il veut commettre avant que de s’en re-pentir , pour prévoir les circonstances où la fortunedoit le placer , & juger , en conséquence, si tel dé-faut , dont on voudtoit le corriger, ne le changera pasen vertu dans les places où vrailemblablement il doitparvenir ? (Test le tableau effrayant de ces difficultésqui rend l’hornrne íage si réservé fur l’article des con-seils. Austì n’est-ce qu’à ceux qui n’en donnent pointqu’il en faut toujours demander. Tout autre conleildoit être lulpect. Mais est-il quelque signe auquel onpuisse reconnoître les conseillers de l’horn rue íage-Ouifans doute, il en est. Toutes les passions ont un langagedifférent. On peut donc , par l enoncé des conseils,

(i) Chaque siècle ne produit peut-être que cinq ou sixhommes de cette espèce ; & cependant, en morale commeen médecine, on consulte la première bonne femme. On«s se dit pas que la morale, comme toute autre science ,demande beaucoup d’étude & de méditation. Chacun croitla savoir, parcs qu’il n’cst point d’école publique pourrapprendre.