l« Stanislas avait une physionomie heureuse, pleins
n de hardiesse et de douceur, avec un air de probité
iq et de franchise, qui de tous les avantages extérieurs
is est le plus grand, et qui donne plus de poids aux
e paroles que l’éloquence même. La sagesse avec la-it quelle il parla du roi Auguste, de *'assemblée, du
s Cardinal primat, et des intérêts differents qui 4i-
; visaient la Pologne , frappa Charles. Le roi Stanis-
t W m’a lait l'honneur de me raconter qu’il dit eu
t latin au roi de Suede : « Comment pourrons-nous
t * faire une élection, si les deux princes Jacques et
t « Constantin Sobiesky sont captifs»? et que Charles
? lui répondit : « Comment délivrera-t-on la répu-
* blique, si on ne fait pas une élection»? Cetteconversation fut Tunique brigue qui mit Stanislassur le trône. Charles prolongea exprès la confé-rence, pour mieux sonder le génie du jeune député.
Après l'audience il dit tout haut qu’il n’avait ja-mais vu d’honime si propre à concilier tous lespartis. Il ne tarda pas à s’informer du caractère dupalatin Leczinsky. Il sut qu’il était plein de bra-voure , endurci à la fatigue ; qu’il couchait toujours*ur une espece de paillasse; n’exigeant aucun ser-vice de ses domestiques auprès de sa personne; ’v
qu’il était d’une tempérance peu commune dansclimat, économe, adoré de ses vassaux, et leSeul seigneur peut-être en Pologne qui eût quel-ques amis, dans un temps où l’on ne connaissaitliaisons que celles de l’intérêt et de la faction.
Ce caractère, qui avait en quelques choses du rap-port avec le sien, le détermina entièrement. Il dittout haut après la conférence: «Voilà un homme
WIST. DF. f'.HART,ES XII. IO